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Guerre en Ukraine : TF1 et LCI sur le terrain
Dans le Donbass, les villages les plus proches du front de Marïnka sont aujourd’hui coupés de tout. Notre équipe a rencontré un pasteur protestant qui apporte aux habitants un peu de nourriture et de réconfort spirituel quand il vient prêcher. Dans le reportage en tête de cet article, il montre ce qu'il reste de l'église de Hostre, devenue une ruine. C'est ici qu'il y a encore quelques mois, il organisait des offices religieux. Depuis, le front de Marïnka s’est rapproché du village.
"Elle a été frappée deux fois par les bombardements", explique-t-il au micro de LCI, "le plafond et le toit se sont effondrés, c'est pour ça que maintenant, on est obligés de se réunir dans les sous-sols". Igor est l’un des derniers à encore oser s’aventurer dans ces villages reculés. Une centaine de personnes seulement sont restées dans ces bourgades, des personnes âgées pour la plupart. "Ici, c'est une zone de combats. Même les pompiers et les ambulances ne viennent plus", soupire Igor.
Où voulez-vous que j’aille avec une pension de moins de cinquante euros ?Lena, habitante de Hostre
La religion est devenue le dernier recours, et le seul réconfort pour ces Ukrainiens qui se sentent abandonnés. "Quand le pasteur vient, je me sens beaucoup mieux", confie Lilia, "ça m’enlève un poids sur le cœur". "Quand nous sommes unis, le diable ne peut pas rentrer dans notre vie", prêche le pasteur. Le sous-sol qu'il utilise pour l'office est un lieu de prière, mais aussi un lieu de vie. Car certains de ces fidèles, comme Lena, ont tout perdu avec la guerre. "J’habite dans ce sous-sol, car ma maison a brûlé", témoigne cette autre habitante de Hostre, "où voulez-vous que j’aille avec une pension de moins de cinquante euros, où ça ?".
Cette misère, Igor essaye de la combler en apportant le minimum vital, un peu de vivres, surtout du pain. Ici, tous les magasins sont fermés. La situation est pire encore à Maksymil'yanivka, le dernier village habité avant les Russes, postés sur la colline qui le domine. "D’ici, l’armée russe peut nous voir et nous tirer dessus", explique Igor, "les Russes cherchent les mouvements dans les villages, et ils tirent sur tout ce qui bouge, pour éliminer les civils et les militaires".
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Un quotidien terrifiant et traumatisant pour une partie de la population, qui se retrouve alors happée par le récit de la propagande russe. "Ça fait peur, peur, peur", confie Olga. "Mais vous croyez quoi ? Que les Russes nous tirent dessus ? Non, ce sont les Ukrainiens qui tirent sur les Ukrainiens, c'est sûr à 100%". L'hypothèse est pourtant improbable, mais cette habitante terrifiée en est persuadée. Brisés par la guerre, ces derniers civils près du front ne savent désormais plus à quel saint se vouer.
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